mardi 11 septembre 2007

la philosophie de la baleine

La philosophie de la baleine s'entasse dans ses creux, dans ses bosses. Parfois elle se lasse de courir les océans, avec des mollusques accrochés jusque sur ses dents. La gueule ouverte, elle crève la baleine blanche, de la neige d'antan. La grande victime de la pollution, le monstre marin se dissout en souterrain. Elle va prendre le train. T'inquiète pas Chéri-Bibi, elle fera tout pour éviter ton quartier. Elle prendra le métro, et même le RER, qu'elle déteste, direction la banlieue. Vincennes, elle jouera au tiercé, histoire de jouer, au hasard. Elle a souvent gagné à ce jeu, perdu aussi, ses illusions. Faut pas courir après les chevaux. La baleine te fait peur, malheureux. Tu as peur de finir dans son ventre. Et tu as bien raison. C'est une dévoreuse (mais pas une tueuse). Cela dit, mon chéri, là au moins tu es à l'abri, des tempêtes, et de la pluie. Et puis ça te promène, toi qui cherches un endroit pour engranger ton vide. Son ventre est tapissé de toutes les veines qui peuvent te nourrir. Nourrir les hommes, c'est pas mal, tu sais. C'est sa vocation à la baleine. Faut pas la laisser crever dans son océan peuplé des sacs plastiques que tu as jetés avec ta grande négligence d'homme gâté. Elle respire les hydrocarbures, elle avale les pesticides, les immondices, un indice de pollution, concentré d'uranium, de plomb et de tous ces métaux lourds, très lourds, dont tu lui tranches la carotide, la laissant sur le carreau de ta salle de bain, un beau matin. Tandis que tu te rases, elle te regarde, toi le marin. Elle te trouve beau, avec ton allure de Père Noël. Elle est restée petite fille la baleine, même si elle a passé la nuit à t'aimer, comme une femme. Tu vois, c'est bien là son drame.

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